sam
10
mai
2008
Le secteur privé répond à Bruno Rebelle
Avec IFIA association, représentant les exploitants industriels forestiers du Bassin du Congo, souhaite réagir aux propos tenus par Monsieur Bruno Rebelle, dans Le Bois International du 7 juin dernier.
IFIA entend rétablir quelques vérités
« Oui la filière des bois tropicaux est en partie responsable de sa mauvaise image auprès des leaders d’opinion,
Oui la forêt tropicale hérite d’une gestion forestière quasi inexistante il y a seulement une quinzaine d’années,
Oui, il y a encore beaucoup trop de bois illégal qui arrive dans nos ports européens,
Oui, de nouveaux opérateurs arrivent en Afrique sur de vastes zones d’exploitation forestière sans se soucier de critères environnementaux et sociaux,
Oui, il n’y a toujours pas assez de bois certifiés sur les marchés pour satisfaire la demande des consommateurs, ni suffisamment de certificat de légalité qui est déjà un préalable
Oui, les populations locales ne voient pas toujours le retour des bénéfices de ce secteur d’activité,
Oui, il y a toujours trop de menaces qui pèsent sur la biodiversité
Oui, il existe des industries forestières plus motivées et convaincues que d’autres pour faire progresser la gestion forestière durable dans le Bassin du Congo…
Et pourtant !
La certification forestière, et dans une plus large mesure encore l’aménagement forestier, a fait un pas de géant en Afrique Centrale.
Il y a encore deux ans (fin 2005), il n’existait pas encore le moindre hectare certifié dans cette région.
Aujourd’hui, elle compte 1,2 million d’ha certifiés FSC avec cinq concessions forestières installées au Cameroun et au Congo Brazzaville. CIB (la Congolaise Industrielle des Bois / Groupe DLH) est
devenue, fin mai 2008, la plus grande surface d’un seul tenant certifiée FSC au Congo Brazzaville avec 750 000 ha.
D’ci fin 2008, trois autres concessions camerounaises et gabonaises, actuellement en phase d’audit accroîtront les surfaces certifiées de 1 à plus de 1,6 million ha, le portant à presque 3 millions
d’hectares, créant le plus vaste parc de forêts naturelles certifiées FSC au monde.
Et le secteur forestier ne souhaite pas s’arrêter là puisqu’il affiche l’objectif ambitieux de voir certifier dans la Bassin du Congo 10 M Ha de forêts d’ici fin 2012.
Sur le terrain, il multiplie les initiatives en vue de donner une réalité applicable aux principes FSC que Greenpeace a contribué à définir.
Au Cameroun par exemple, une partie de la fiscalité forestière devrait revenir aux populations locales mais est souvent détournée par les autorités politiques locales. Les entreprises ont mis en
place un processus de dialogue qui informe les populations des montants versés ce qui leur permet de demander des comptes à leurs représentants. Une fois les montants ré attribués aux populations,
les entreprises contribuent avec les autorités locales à définir leurs besoins et à gérer leur projet. Même si les compétences s’avèrent souvent insuffisantes pour la mise en place de programmes
visant à réduire la pauvreté, il s’agit d’un énorme progrès dans l’émergence d’une conscience civile.
Les faits évoqués par Monsieur Bruno Rebelle (voir Le bois International du 7 juin 2008) font référence au rapport de Greenpeace concernant la République Démocratique du Congo (RDC). Ce pays a connu
une guerre civile ininterrompue pendant quinze ans qui a réduit la population à un état de pauvreté indescriptible (inférieur à 30 $ par mois), a totalement désorganisé l’administration forestière et
détruit l’industrie du bois. Alors qu’il y avait plus de 100 entreprises avant la guerre, il en reste à peine une quinzaine depuis 2002 mais qui emploie tout de même plus de 15 000 salariés, faisant
ainsi de ce secteur le premier employeur du pays, ce n’est pas rien !
Pour être complet, il faudrait ajouter que, même en RDC, toutes les entreprises ne peuvent être placées dans le même sac !
Si les situations de crise attirent trop souvent les opérateurs ayant comme objectif le profit rapide, les plans d’aménagement sont en marche chez les plus progressistes et la certification est prête
à se mettre en marche dès lors que les circonstances le permettront. Encore faut-il que l’administration soit en mesure d’exercer tous les contrôles nécessaires à l’instauration d’un cadre légal
respecté par tous.
Pour IFIA, il reste encore beaucoup à faire
L’association cherche à ouvrir son champ d’actions à d’autres partenaires et invite à venir les rejoindre à condition qu’ils acceptent de s’engager d’une manière claire et volontaire vers la gestion
durable et la certification.
C’est ainsi que IFIA, en partenariat avec la COMIFAC et le PFBC, a organisé à Libreville au Gabon, le 22 mai dernier « la journée de concertation entre les opérateurs économiques du secteur forestier
en Afrique Centrale ».
Cette réunion destinée à ouvrir le dialogue avec les exploitants forestiers asiatiques pour promouvoir les principes de développement durable a été couronnée de succès. Plus de 70 personnes dont une
majorité d’opérateurs et de représentants des administrations asiatiques sont venues écouter, échanger, apprendre autour de ce thème.
Les opérateurs Européens ont déjà compris tout l’intérêt d’approvisionner en bois certifiés les marchés afin de répondre à la demande croissante de produits certifiés exigés par les consommateurs
finaux.
IFIA et beaucoup de ses membres mettent tout en œuvre sur le terrain pour parvenir au niveau d’excellence requis par la certification forestière dans son ensemble, dont celle exigée par le FSC
notamment. »

