LE PLAN D'ACTION FLEGT

L'exploitation illégale des forêts, obstacle majeur au développement

 

Obstacle majeur au développement des pays disposant de ressources forestières, l'exploitation illégale du bois a des effets néfastes bien au-delà du secteur forestier.

 

L’exploitation clandestine des forêts et le commerce du bois abattu illégalement sont un phénomène répandu dans nombre de pays en développement. Responsables d’importants dommages dans tous les pays concernés, ces pratiques ont pris dans certains cas des proportions telles que la part du bois illégal atteint 90% des volumes exploités.
Aux dégâts écologiques et sociaux incalculables qui en découlent, viennent s’ajouter des dommages économiques évalués, selon la Banque mondiale, à plus de 10 milliards de dollars US par an, en termes de pertes de recettes privées - concurrence déloyale - et publiques.

Un obstacle majeur au développement
Les causes du phénomène sont bien identifiées. Profitant de la corruption, des conflits régionaux ou tout simplement de la déficience des instances nationales de contrôle, ces activités illégales ont de graves répercussions bien au-delà du secteur forestier.

Elles contribuent par la déforestation, au dérèglement climatique, tout en faisant obstacle au développement des pays où elles aggravent les désordres qui leur ont permis de prospérer :

• mauvaise gouvernance et corruption,
• conflits fonciers et affrontements violents,
• développement des trafics et de l'économie criminelle
• inégalité et sous-développement…


Une menace pour l'ensemble de l'économie forestière
Si l'exploitation illégale du bois anéantit l’existence des populations tributaires de leurs ressources forestières, ses répercussions se font aussi sentir aussi sur les marchés de consommation des pays industrialisés.

• Des ONG appellent régulièrement au boycott des bois tropicaux.
• Le bois et les produits ligneux sont discrédités et remplacés par d’autres matériaux.
• De grandes entreprises et des institutions excluent les bois tropicaux de leurs achats.
• La moindre demande de bois tropicaux décourage le développement de bonnes pratiques dans le cadre des filières forestières locales.


Premières actions après une décennie de négociations
Forts de ce constat, les gouvernements réunis lors du Sommet du G8 de 1998, ont préconisé, pour la première fois, des mesures pour combattre l’exploitation illégale et ont adopté officiellement un Programme d’action sur les forêts.

• Prenant le relai, la Banque mondiale a encouragé dès 2001 des processus régionaux FLEG, par lesquels les pays participants s’engagent à appliquer des mesures destinées à améliorer l’application des réglementations et la gouvernance dans le secteur forestier.
• Dernière mesure d'envergure en date, le plan d’action FLEGT ("Forest Law Enforcement on Governance and Trade") adopté en 2003 par l’Union européenne prévoit la conclusion d’Accords de Partenariat Volontaire (APV) avec les pays producteurs et ainsi la mise en place d’un régime d'autorisations d'exportation attestant la légalité du bois.
• Ses modalités d'applications sont entrées en vigueur fin 2008.


La FAO et l’OIBT ont intégré des mesures FLEGT dans leurs programmes de travail. Dans la foulée, la plupart des organisations professionnelles du secteur bois s'efforcent de sensibiliser les acteurs économiques au respect des nouvelles règles du commerce des bois tropicaux dans l'Union européenne.
Dans de nombreux pays exportateurs, les gouvernements font également preuve d'une plus grande vigilance pour mettre un frein à l’exploitation clandestine des forêts et au commerce illégal du bois.
Cependant, la mise en œuvre des actions prévues s’avère encore difficile, ses effets demeurent, à ce stade, limités et il faudra attendre plusieurs mois voire années pour mesurer l'impact de FLEGT, avec la généralisation des procédures de contrôle, sur le marché des bois tropicaux.