LÉGALITÉ
La légalité des bois, une question difficile à trancher
La procédure communautaire FLEGT constitue la première réponse concertée contre le commerce des bois illégaux.
Les importateurs des pays industrialisés s'efforcent depuis plusieurs années d'apporter des garanties sur l'origine de leurs approvisionnements. En vain ! Régulièrement des cargaisons de bois
considéré comme "illégal" par certaines organisations non gouvernementales environnementales (ONGE) sont identifiées aux abords ou dans les ports européens.
Depuis l'adoption, par le Conseil, en décembre 2005, du régime FLEGT (Plan d'action européen "Forest Law Enforcement on Governance and Trade") d'autorisations d'exportation de bois dans l'Union
européenne, les autorités des états membres sont impatients de pouvoir s'en remettre, pour ces litiges, à une législation commune.
Combler le vide juridique
Avant cette date, en effet, seule la Convention de Washington sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) permettait d'encadrer l'exploitation et le commerce de certaines essences de bois.
Au-delà de cette liste, l'absence d'une définition de la "légalité du bois" dans les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), la disparité des législations forestières et l'impossibilité de contrôler les modes d'exploitation dans les pays exportateurs, créait un véritable vide juridique.
Cette situation avait réduit, par exemple, le gouvernement français, à déclarer en 2004, dans son Plan d'action en faveur des forêts tropicales, son soutien aux "initiatives visant à déterminer comment rendre illégale, à terme, l'importation dans l'Union européenne de bois exploités illégalement."
Définir la légalité dans le cadre de la bonne gouvernance
Comment rendre effectivement "illégales" des pratiques qui ne sont pas jugées comme telles partout et avec la même gravité ? Telle est finalement l’objet du plan FLEGT.
Sa genèse est caractéristique des projets de création de normes légales internationales menés, dans le contexte de la globalisation, selon le principe de bonne gouvernance par les États, les
organisations intergouvernementales et les représentants de la société civile.
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Gouvernance
En complément : voir la définition du Dictionnaire de terminologie |
Au cours des vingt dernières années, la pression politique exercée par des ONG internationales sur les questions forestières et notamment, la légalité de l'exploitation et du commerce du bois, a fortement augmenté. Des forums de dialogues internationaux sur les politiques forestières se sont emparés de la question. Leurs travaux ont conduit à la définition d'un cadre commun pour l'application des législations forestières et la gouvernance ou "Forest Law Enforcement and Governance" (FLEG).
FLEG entend concentrer son attention sur l’une des causes principales de la déforestation, à savoir l’exploitation illégale des ressources forestières, ainsi que les carences dans l’application des lois dans ce secteur, c’est-à-dire les violations du droit national dans le pays producteur.
Depuis 2001, la Banque mondiale soutient, en coopération avec quelques ONGE et d’autres organismes donateurs, des processus régionaux FLEG et des conférences ministérielles dans le cadre desquels les États participants s’engagent à appliquer des mesures relatives à FLEG. Trois processus régionaux ont été initiés en Afrique (AFLEG), en Europe et au nord de l’Asie (ENAFLEG) et en Asie de l’est.
L'Europe met l'accent sur les échanges commerciaux
De son côté, la Commission européenne a organisé, en avril 2002, un atelier international pour discuter de la manière dont l’Union Européenne (UE) pourrait contribuer aux mesures visant à
lutter contre l’exploitation illégale des forêts.
Lors du Sommet Mondial sur le Développement Durable (SMDD) tenu la même année à Johannesburg, la Commission européenne s’est fermement engagée à combattre l’exploitation illégale et le commerce
du bois prélevé illégalement. Dans la foulée, elle a publié, en mai 2003, la première version de son Plan d’Action FLEGT.
Dans l'optique européenne l'abréviation FLEG est complétée d’un «T» pour "Trade" afin de pouvoir agir, non seulement sur la "réglementation forestière" et "la gouvernance" mais aussi et surtout
sur les échanges commerciaux.
L’UE met ainsi l’accent sur le partage de la responsabilité entre consommateurs et producteurs et sur le rôle majeur que peut jouer le commerce en incitant à des comportements légaux.
Le Plan FLEGT, enfin témoigne du souci de l'Union européenne de mettre en place un système de contrôle des importations compatible avec les règles de l'OMC.
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Vers une définition commune de la légalité La vérification de la conformité et l’application d’une définition du bois légal exigent que cette définition soit claire, applicable au plan opérationnel et objectivement vérifiable. En effet, elle doit être aisément comprise par toutes les parties prenantes et notamment les acteurs du secteur forestier et des institutions chargées de sa mise en application. Ceci implique : 1/ que l’on doit clairement identifier les lois qui sont incluses dans la définition et celles qui ne le sont pas; 2/ que l’on doit prévoir des moyens de contrôle clairs (critères et indicateurs) qui permettent de mesurer le respect de chaque loi ou réglementation; 3/ qu’il faut prévoir des moyens pratiques de procéder à ces contrôles sur le terrain et pour cela former les acteurs du secteur forestier au niveau opérationnel.
En complément : téléchargez la fiche de présentation de la Commission. |

